S'il est un mythe qui a la vie dure, c'est bien celui de la Geisha. Associé à la prostitution en Occident, ce cliché a totalement dévalorisé cette tradition. Il suffit de regarder les regards équivoques de certains Occidentaux au simple énoncé du mot Geisha pour comprendre que tous les fantasmes d'exotisme, plus ou moins douteux, trouvent ici un bon prétexte.
Leur mauvaise réputation vient des hôtesses, dites makura geisha, littéralement "dame d'oreiller", engagées lors des réunions pour messieurs seuls qui ont lieu à l'hôtel. Elles se vêtent du kimono traditionnel, sans arborer le maquillage consacré, chantent et dansent - mal en général - le même répertoire que les geisha et servent du whisky ou du saké au lieu de thé, avant de former des couples avec les invités. S'il est vrai que certaines Geishas de bas niveau s'adonnaient à la prostitution, il en est autrement de la grande majorité des véritables professionnelles de l'Art de Vivre dont la sophistication a toujours été à l'opposé du monde glauque qu'on leur attribue.
Du Japonais Gei ( Art ) et Sha ( la personne), le nom de cette profession décrit bien son domaine : savoir par leur culture animer une réunion ou un dîner pour plusieurs invités. Leur instruction méthodique de l'art de la danse, du chant ou de poésie destinent ces professionnelles à divertir des personnalités riches et cultivées.
Les Geishas de Kyôto, qui en réalité sont appelées les Geiko, et leurs apprenties ( les Maïkos ) sont aujourd'hui encore l'un des héritages les plus vivants de la Tradition Japonaise, et jouent ainsi un rôle culturel que nombre d'occidentaux sont incapables d'imaginer.
Le costume :
Son apparence est régie par des règles traditionnelles. Une coiffure remontée, élaborée et impeccable. Un visage entièrement blanc qui est signe de distinction.
À l'époque, les dames de haut rang se démarquaient des femmes du peuple à la peau tannée par le soleil de cette façon.
Le maquillage de la bouche, dont la moitié seulement est dessinée, répond à l'idéal de la beauté alors en vogue. Une grande bouche était considérée comme vulgaire.
Dans l'art difficile de porter le kimono, la Geisha est sûrement celle qui excelle le mieux. Son kimono est somptueux, égalant en richesse et raffinement celui du mariage. Il est de type Kosode avec des couleurs éclatantes. Entièrement réalisé à la main, il arbore de délicats motifs de décoration, et un Obi ( ceinture ) large et coloré. La tenue de la Geisha ("personne confirmée dans les arts " ) est moins voyante que celle des Maikos ( apprenties ). Celles-ci arborent un Furisode ( manches longues ) et une coiffure très chargée avec de nombreux peignes et ornements, afin d'attirer l'attention.
Chaque Geisha possède environ une quinzaine de somptueux kimonos . Achetés par la patronne ( Mama San ) de sa "maison", ils seront remboursés au fur et à mesure des gains obtenus par la Geisha. Ce remboursement s'étale généralement sur plusieurs années.
La coiffure et le maquillage jouent également un rôle primordial. Les cheveux sont en fait une perruque reproduisant la coiffure compliquée en vigueur depuis l'ère Edo. Les cheveux sont remontés en forme de chignon retenus par des peignes. Les Maikos y ajoutent des épingles avec des décorations brillantes. Le visage maquillé avec une poudre d'un blanc de porcelaine n'est dégagé qu'au niveau de la nuque, où apparaissent deux triangles de peau naturelle.
